4 juillet 2018
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Championnat de France sur route à Mantes la Jolie – Gladys Verhulst (VC Aiglon) peut savourer son maillot tricolore

Podium espoir  avec :  Juliette Labous (2è), la championne de france Gladys Verhulst et Lucie Journier (US Vern).

Dames : le titre espoirs et deux médailles pour Gladys Verhulst

"Au départ, mon objectif, c'était seulement le titre chez les espoirs". Allant au-delà des prévisions les plus optimistes, Gladys Verhulst (VC Aiglon) s'est offert le luxe de monter sur la deuxième marche du podium de ce national en Elites derrière la Bretonne Aude Biannic (Movistar).Soit deux médailles en une seule course. De quoi soulever un vent d'enthousiasme pour la délégation normande dirigée par Anthony Malenfant et assisté par Delphine Leroy.

Sans grosses références mais avec une belle régularité en Coupe de France dont elle est leader du classement espoirs, la vice-championne de France junior 2015 était tout de même l'une des outsiders d'une course qui bénéficiait en plus des appétits aiguisés d'une retransmission télévisée en direct.

Tous les regards étaient tournés vers Pauline Ferrand-Prevot, seule représentante de son équipe (Canyon Sram Racing). Un premier groupe part sans elle mais en compagnie d'Eugénie Duval (FDJ Nouvelle-Aquitaine), l'autre chance normande et Audrey Cordon (Wiigle), elle réagit à leurs côtés et le trio fait la jonction à 55 kilomètres de l'arrivée. Puis Ferrand Prévot, double championne de France (2014, 2015) contre et part avec Victorie Guilman (FDJ) et passe en tête à l'entame du dernier tour de 21 kilomètres. Mais Ferrand-Prevot n'a plus de jambes et doit rentrer dans le rang. C'est alors que Gladys Verhulst et Anabelle Dreville (Lotto) attaque mais sans pouvoir créer un écart important sur un premier peloton qui ne joue pas battu. A 5500 mètres de l'arrivée, c'est Biannic (Movistar) qui fait la jonction. Bien décidé à déjouer la tactique de la FDJ qui avait placé cinq de leurs représentantes en tête, Biannic tenait bon pour décrocher son premier maillot tricolore chez les Elites.

Intercalé, les deux poursuivantes résistent, préservant dix petites secondes sur la ligne. Gardant des bonnes ressources, la championne de Normandie était plus rapide que la Nordiste de Lotto et décrochait la médaille d'argent. Submergé par l'émotion et sur un petit nuage durant le protocole, l'étudiante en deuxième année de sociologie pouvait ensuite faire redéfiler sa course. "Voilà un mois et demi que je m'entraîne dur pour ce championnat. Je savais que ça allait être la bataille dans la dernière ascension. Le dernier kilomètre m'a paru interminable. Je me suis souvent retourné. J'avais peur d'être reprise. On perdait un peu de temps mais ça l'a fait ! Pour le titre espoir, je me méfiais de Juliette Labous (Sunweb) car elle est professionnelle. C'est sûr, elle n'a pas le même planning d'entraînement que moi. Cette course, c'était mon plus grand rêve. Ce maillot, je vais le porter durant un an. C'est une vrai satisfaction" se réjouit à l'avance la sociétaire du VC Aiglon.

Podium Elites  avec :  Gladys Verhulst (2e), la championne de France Aude Biannic et Anabelle Dreville (3è).

Gladys Verhulst en bonne place dans l'échappée.

Gladys Verhulst plus rapide que Anabelle Dreville

Emue, Gladys Verhulst rejoint le podium

La championne de France Gladys Verhulst, bien entourée par ses coéquipières

Gladys Verhulst en famille. A leurs côtés, son entraîneur Joel Gacoin

Amateurs : Le VC Rouen 76 méritait mieux

"Je suis écœuré". Pour Taruia Krainer, trois mots pour exprimer son dépit au terme d'un championnat de France où il pouvait espérer le maillot tricolore et fait largement honneur aux couleurs du VC Rouen 76 dont il porte les couleurs depuis le début de saison. Acteurs majeurs de l'épreuve en ligne- tout comme son coéquipier Matis Louvel- les efforts des deux rouennais ont été anéantis dans le final alors qu'ils avaient précédemment toujours été en position favorable. Pour son premier championnat Elites, Matis Louvel n'a pas hésité à se glisser dans la première échappée qui se forma dès le deuxième tour aux côtés de Gernallec (VC Pays de Dinan), Lemoine (VC Pays de Loudéac), Dassonville (CC Nogent), Campistrous (GSC Blagnac), Hurel (Sojasun espoirs), Aubert (CC Etupes) et Bouchard (CR4C Roanne). Ces sept coureurs représentant autant de formations allaient recevoir le renfort de Roger et Guichard (Team Pro Immo Nicolas Roux), Danes (Nantes-Atlantique) et ... Krainer à 45 kilomètres du but. Et à une dizaine de kilomètres de l'arrivée, alors que Krainer et Louvel accompagnaient encore Bouchard et Dassonville avec 50 secondes d'avance sur le peloton, le titre était encore envisageable. Mais Louvel subissait une intense fatigue et Krainer lâcha prise, ne pouvant répondre à l'attaque de Bouchard puis de Dassonville qui allait le rejoindre. Au sprint, Bouchard l'emportait. Alors que le champion de Normandie Yann Guyot, 52è sur la ligne était repris par un peloton compact après être sorti en contre dans le final, Krainer se contentait d'une anonyme 61è place. Avec un immense goût d'inachevé. "Je venais de passer mon relais et quand Bouchard a pris le sien, Dassonville a laissé une cassure. On s'est regardé car ça n'était pas à moi de faire l'effort et ça a suffi à Bouchard pour faire l'écart. Il m'a manqué un peu de rythme. Je suis déçu qu'on n'ait pas pu aller chercher au moins une médaille". Quand à Matis Louvel, il lui était difficile de faire mieux, surtout après 140 kilomètres en tête. "Je voulais être acteur mais, honnêtement, quand on est parti à quatre à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée, je me suis surpris. A ce moment, j'étais resté avec les costauds et j'y ai cru.

Malheureusement, j'étais un peu sec sur la fin. Quand Boulard a attaqué, j'étais limite dans la bosse". Loin des espérances des Rouennais, l'ancien champion de Cédric Delaplace, l'un des quatre de la sélection normande est sorti de sa réserve en devançant le peloton de 15 secondes durant un tour mais sans espoirs de se joindre à l'échappée. Après plus de quatre heures d'effort, il se classe 114è. "Il n'était pas envisageable de mieux faire. Tout seul, je me suis essoufflé".

 

Les sélectionnés normands : Salmon, Delaplace, Lesellier et Le Lay

Le VC Rouen 76 à l'heure de la présentation

Les Rouennais Matis Louvel et Taruia Krainer n'ont pas ménagé leur peine

Arnaud Lesellier au sein du peloton

Matis Louvel (VC Rouen 76), offensif mais mal récompensé de ses efforts

classements  :

 ELITE AMATEURS

Professionnels : Une belle cinquième place pour Guillaume Martin

Présent en force en tête de course, FDJ-Groupama a réussi a contrôlé la course. Anthony Roux a su conclure de façon magistrale le travail de sa formation. Déjà, à 200 kilomètres du but, Groupama-FDJ pesait sur les débats en étant en surnombre. Dans un groupe de 30 dont l'avance dépassa un moment les cinq minutes, six protégés de Marc Madiot sont aux avant-postes. Mais aussi quatre normands, Paul Ourselin (Direct Energie), Julien Duval (AG2R La Mondiale), Romain Hardy (Fortunéo-Sunsic) et Damien Touzé (Saint-Michel Auber 93).  A 80 kilomètres de l'arrivée, ils sont encore quatre sur les douze rescapés. C'est alors que l'attaque de Vichot (Groupama-FDJ) qui emmène avec lui 12 coureurs constitue le premier temps fort de ce championnat marqué par une forte chaleur. Parmi eux figurent Guillaume Martin (Wanty Groupe-Gobert), Warren Barguil (Fortunéo-Oscaro) ou encore Pierre Latour (AG2R La Mondiale). Auteur d'un splendide retour en tête, Bryan Alaphilippe (Quick-Step) s'annonce comme un solide candidat au titre mais en dépit d'une tentative de Martin aux 700 mètres, c'est Anthony Roux qui rafle la mise. Guillaume Martin confirme sa bonne forme du moment et ses ambitions pour le Tour de France. "Tactiquement, j'ai essayé de jouer malin.Ca été compliqué dans le dernier tour quand Molard (Groupama-FDJ) est parti et que j'avais deux coureurs de la FDJ dans la roue. Quand Julian Alaphilippe est revenu, je me suis accroché. Puis j'ai tenté le coup en attaquant car au sprint, je n'avais aucune chance. La FDJ avait l'avantage du nombre et beaucoup de bons coureurs. J'ai fait ce que j'avais à faire". Pas de regrets pour Paul Ourselin qui a mis une nouvelle fois ses qualités offensives à l'honneur. "La consigne était de prendre l'échappée. C'est la façon dont j'aime courir. J'ai fait mon boulot".

Texte et photos Patrice Meunier

Dans la roue de Justin Mottier (Vital-Concept) et Bruno Armirail (Groupama-FDJ), Julien Duval (AG2R La Mondiale) a longtemps figuré au sein du groupe de tête

Jérémy Leveau (Delko-Marseille) et Alexandre Pichot (Direct Energie)

Classements : 

RESULTAT ELITE PRO C

Alexis Gougeard (AG2R La mondiale), décevant lors du chrono.

Alexis Gougeard décevant

Déjà titré l'an dernier à Saint-Omer, Pierre Latour (AG2R La Mondiale) a écrasé la concurrence à Mantes-la-Jolie, reléguant son coéquipier Tony Galopin à 2'23".   .

Loin, très loin de ses ambitions initiales, Alexis Gougeard (AG2R La Mondiale), l'un des quatre normands en lice, est passé complètement à travers son contre-la-montre. Présenté comme l'un des sérieux outsiders après sa cinquième place l'an passé et une quatrième place en Andalousie lors du début de saison, l'ancien barentinois s'est contenté d'une modeste 27è place à 5' 19" de Pierre-Roger Latour. Déjà, son temps au troisième passage intermédiaire (à plus de trois minutes de Latour) n'annonçait rien de bon. Dans les parties montantes, il n'a pas dégagé la puissance qu'il aurait dû avoir. "Je n'avais pas de jambes. J'étais pourtant bien parti sur les tous premiers kilomètres mais je n'ai pas été capable de tenir". De son côté, Rodrigue Auffret (VC Avranches), seul amateur normand en lice, prend la 25e place. S'il termine à plus de cinq minutes de Bruynel (CC Etupes) face à une opposition inhabituelle pour lui, le jeune manchois reste "heureux de cette expérience et d'avoir vécu ce moment avec tous les gens sur le bord de la route".

Huitième à 2' 47" d'Audrey Cordon-Ragot, titré pour la quatrième fois consécutive, Eugénie Duval (FDJ Vienne-Futuroscope), huitième et à 29 secondes du top 5, n'avait pas les jambes ni les repères suffisants pour se mêler à la lutte pour un podium. Mais son résultat la situe parmi les meilleures françaises.

Texte et photos Patrice Meunier

 

Le Calvadosien Paul Ourselin (Direct Energie) au côté de Jean-Claude Leclerc, officiant comme chronométreur du contre-la-montre.