31 janvier 2017
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Bilan des pros normands -Saison 2016-Anthony DELAPLACE

Anthony Delaplace (Fortuneo Vital Concept, mal récompensé

Même s’il n’a pas renoué avec la victoire, le pro manchois de chez Fortunéo Vital Concept Anthony Delaplace dresse un bon bilan de sa saison 2016. C’est au Tour du Gabon en janvier qu’il a débuté sa saison qu’il a achevé lors du Duo Normand fin  septembre après un total de 78 jours de course. Lorsqu’il est en excellente condition, il passe partout. Bon grimpeur, honnête rouleur et à son aise sur les courses vallonnées, c’est bien sûr une bonne pointe de vitesse qui lui fait défaut.

‘‘J’ai fait une saison complète mais j’aurais préféré échanger mes quatre deuxièmes places contre une victoire. Actuellement, chez les pros, 80%  des courses se concluent au sprint et dans ce contexte, il m’est difficile d’aller gagner une course.’’ Il mit pourtant l’offensive à l’honneur. Tout a bien commencé au Tour du Gabon où il classait  2ème  du contre la montre et troisième du classement général. Puis  une 9ème place lors de l’étoile de Bessèges venait confirmer une forme précoce. Il aborde Paris –Camembert avec une grosse motivation. Ce qu’il fait en sortant du peloton dans la première ascension de la Cavée des crouttes à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée en compagnie de son coéquipier Pierrick Fédrigo, Cyril Gautier (AG2R La Mondiale) et Bryan Coquard 5direct Energie). I réussit ensuite, en forçant à nouveau l’allure quelques kilomètres plus loin, à ne garder que le breton d’AG2R La Mondiale à ses côtés. Il fallait alors tenir en respect un peloton qui n’a jamais été repoussé à plus de 30 secondes. Le duo de tête enchaîne alors les relais suffisant pour garder l’avantage et disputer le sprint… qui lui fut fatal. ‘’Je sais que Cyril va assez vite au sprint et je me suis dit que c’était la fraicheur qui allait compter. J’ai essayé de la déborder aux 200 mètres mais il était le plus costaud. J’espère que d’ici la fin de ma carrière, j’arriverais à gagner ici…’’ Aux boucles de la Mayenne, son seul adversaire fut  Bryan Coquard (Direct Energie). Ce dernier gagne le prologue et deux étapes et sa tâche s’avère pour le moins compliqué face à un sprinter de cette envergure. Et même s’il prend la deuxième place de l’ultime étape, devancé au sprint par Thomas Scully (Drapac), il dut encore une fois se contenter de la deuxième place au classement Général. Un mois plus tard, sur ses terres, c’est bien sûr sur la première étape du Tour de France conduisant les coureurs à Utah Beach qu’il tient à faire la course en tête. Dès les premiers kilomètres, la première échappée du Tour se forme. Et bien sûr, il ne tarde pas à rejoindre Leiggh Howard (IAM), Jan Barta et Paul Voss (Bora Argon). Le début  d’une longue aventure. L’allemand Voss parvenu à distancer ses compagnons d’échappée passe seul en tête au sommet de la côte des Champeaux. Mais ce dernier avait également franchi en tête la côte d’Avranches. Ce qui coûta à Anthony le maillot à pois rouges qui était clairement à sa portée. Mais il a pris un maximum de plaisir sur des routes qu’il connait par cœur. ‘‘Dans tous les villages, on scandait mon nom. J’ai eu le temps de savourer même si les jambes me brûlaient sur la fin.’’ Lucide, Delaplace attaquait encore une fois. Mais peu à peu, le peloton se rapprochait et la jonction se faisait à 450 mètres de l’arrivée. Et comme on pouvait s’y attendre, les sprinters vont aire la loi. Mais si Marc Cavendish impose sur cette étape sa pointe de vitesse, le coureur de Valognes en aura été ‘’le héros’’. En 2017, nul doute qu’il remettra l’ouvrage sur le métier pour décrocher la juste récompense de ses efforts.

Patrice MEUNIER