31 janvier 2017
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Bilan des pros normands -Saison 2016-Alexis GOUGEARD

Un premier Tour de France pour Alexis GOUGEARD

On attendait beaucoup d’Alexis Gougeard (AG2R La Mondiale) mais sa saison 2016 fut marquée par une méforme au printemps plus la malchance sur les routes du Dauphiné Libéré. Pas de quoi aborder le Tour de France dans les meilleurs dispositions et pouvoir confirmer une prometteuse année 2015 marquée par cinq succès dont une étape du Tour d’Espagne à Avila. Pourtant, fin février, tout avait bien commencé en côtoyant les cadors des grandes classiques sur les routes venteuses, parsemées de monts pavés du Circuit Het Nieuwsblad, la première semi-classique flamande de l’année. Echappé de la première heure l’ancien barentinois est parvenu à revenir dans les roues des ténors, les belges Greg Van Avermaet (BMC) et Tiesy Bennoot (Lotto), l’anglais Luke Riwe (Sky) et le champion du monde slovaque Peter Sagan (Tinkoff) lorsqu’ils sont passés à l’offensive dans les 50 derniers kilomètres. Sans complexe, il tentait sa chance sous la flamme rouge. En vain.

« Ça s’est fait au mental. J’étais à bloc. Normalement, je devais rester au chaud mais je voulais aller au bout avec ce groupe. Ça  avait été trop dur si  on s’était fait reprendre à un kilomètre de l’arrivée. J’ai passé des relais même si je n’aurais peut-être pas du. Ensuite, j’ai tenté ma chance. Mais, derrière, ils ne se sont pas regardés longtemps » se souvient –il. Au terme d’une journée qui a marqué les esprits, sa cinquième place mettait en valeur toutes ses qualités face à une vive concurrence et de surcroit devant le public flamand guère habitué à voir des Français aussi performants sur leurs terres. Il espérait se servir de cette épreuve comme rampe de lancement mais c’est pourtant son programme articulé sur les grandes classiques du printemps qui a dû être modifié. Malade durant Paris –Nice (Abandon 5è étape), il dut déclarer forfait pour Gand –Wevelgem , mais n’étant pas dans une condition physique suffisante, il dut également renoncer au Tour des Flandres puis à Paris-Roubaix. « C’était l’un de mes grands objectifs mais je n’avais pas pu m’entraîner correctement auparavant. J’étais déçu mais il fallait être raisonnable ». Dans l’optique du Tour de France, il se mettait en mode grimpeur dès le mois de mai en participant à un stage en altitude dans la Sierra Nevada dans le sud de l’Espagne, avec comme camp de base un centre sportif juché à 2300 mètres d’altitude. Une première pour lui mais pas de tout repos avec 1500 kilomètres au programme répartis en treize sessions d’entraînement. Ensuite, le Dauphine Libéré fut un passage obligé en vue de la Grande Boucle mais une chute dans une descente lors de la quatrième étape le contraignit au repos forcé. Souffrant du genou, cette cabriole marquait un temps d’arrêt car ce n’est qu’au Championnat de France, quinze jours plus tard qu’il reprenait la compétition. Pas de quoi envisager s’aligner dans les meilleures conditions pour son premier Tour de France lors du grand départ au Mont Saint Michel. Certes il a été difficile pour lui de s’exprimer mais il s’est cependant glissé dans une longue échappée sur l’étape de  Limoges.S’il n’a accordé que peu d’importance à son classement (147è), il s’est pleinement acquitté de sa tâche en aidant son leader Romain Barbet. Sur la fin de saison, le moral ne fut pas trop présent. Ce qui ne l’a pas empêché de reprendre l’offensive lors de la quatrième étape de l’Enaco Tour mais problèmes de dérailleur ne lui ont pas permis de décrocher la victoire, se contentant d’une quatrième place. « C’est la première fois depuis que je suis cadet que je ne fais pas un podium. Ce ne sont plus les mêmes courses et j’ai eu pas mal de soucis. Ce fut une saison noire même s’il n’y a pas eu que du mauvais. Je sens que j’ai progressé ».

Patrice MEUNIER