20 décembre 2021
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Bilan des pros Normands 2021 – La réussite était au rendez-vous pour Benoit Cosnefroy

Depuis deux ans, Benoît Cosnefroy (AG2R-Citroen) évoquait avec son enthousiasme irradiant l'espoir de remporter une course World Tour. C'est désormais chose faite en inscrivant à son palmarès le Grand Prix de Plouay au nez et à la barbe du champion du monde Julian Alaphilippe. De quoi figurer désormais parmi les valeurs sûres du cyclisme mondial au terme d'une saison où il a porté à trois reprises le maillot de l'équipe de France, aux JO de Tokyo , au championnat d'Europe puis au championnat du monde.

Tout avait pourtant mal commencé. Souffrant du genou gauche durant l'hiver, il avait dû retarder son début de saison , reprenant la compétition que le 28 mars à l'occasion de Cholet Pays-de-Loire où il attaque avant d'être repris dans le dernier kilomètre. Abandonnant au Tour du Pays Basque en raison de problèmes physiques, il doit se montrer patient. Pourtant il ne cache pas son envie de renouer avec la victoire. L'occasion se présente au Tour du Finistère où, bien propulsé par Clément Venturini, il se chargeait de faire la sélection dans la bosse finale. Jetant son vélo sur la ligne, il devançait le Belge Sean De Bie et le peloton, sur le fil . "J'avais les larmes aux yeux. Un soulagement... C'est un sentiment que je vais longtemps garder en moi, tant je sais que cette victoire est importante''.

Après un Tour de France où les étapes ont défilé sans qu'il ne parvienne à se montrer et donc passé dans un relatif anonymat, place aux JO de Tokyo. Sans transition ou presque, il filait vers Roissy où l'attendait son avion direction le Japon.  C'est pour lui "un rêve de gamin" même si sa participation est discrète. Devant ses supporters, la Polynormande marque pour lui un net retour en forme. Rapide au sprint, bon puncheur, le Manchois est donné davantage favori que Valentin Madouas. Mais au terme d'une course sans répit et marquée par une forte moyenne (44,07 km/h), c'est le Brestois de Groupama-FDJ qui l'emporte au sprint. "Je voulais être devant pour ne pas prendre de risques et avoir un coup d'avance. Physiquement, j'étais très fatigué. Pas de regrets puisque j'ai joué ma carte à fond. Finir deuxième amène toujours de la déception mais je ne pouvais faire mieux".

 

VICTOIRE A PLOUAY

Quinze jours plus tard, le Grand Prix de Plouay arrive à point nommé.  Le coureur de Rauville-la-Bigot a su lire la course au plus juste. Après l'échappée matinale, il a su apparaître au moment opportun, sautant dans la roue de Julian Alaphilippe et du Danois Mikkel Honoré (Deceunink Quick-Step). Dans le final, les trois fuyards conservaient l'avantage avant de se livrer bataille. Il su alors jouer le coup pour ne pas se faire piéger par le retour d'Honoré que son coéquipier attendait. " Cela s'est fait à l'usure. Je n'étais pas certain de l'emporter , mais à la fraîcheur, je me suis dit que ça pouvait le faire. Je n'ai pas réussi à le lâcher dans la bosse alors je me suis concentré sur le sprint" se souvient-il. Et dans la dernière ligne droite, sa pointe de vitesse lui permettait de prendre l'avantage. "A l'arrivée, Alaphilippe était super content pour moi et je sais que c'est sincère car on a eu quelques finales de courses et quelques sélections ensemble. Et on s'entend très bien".

Une semaine plus tard, son punch et sa pointe de vitesse lui permettent de remporter le Tour du Jura. Le Manchois n'a pas paniqué lorsque David Gaudu sortait en contre attaque. Il choisit le bon moment dans la dernière difficulté située à trois kilomètres du but, pour s'imposer devant l'Italien  Simone  Vélasco, Valentin Madouas et Nairo Quintana. Il porte ainsi à douze son nombre de victoires glanés chez les pros, à seulement 26 ans. Les observateurs retiendront qu'au match qui l'oppose en confrontation directe à Madouas depuis le début de saison, il mène maintenant par deux victoires à une.  L'ancien champion du monde Espoirs prenait alors la direction de Trente pour honorer sa sélection au championnat d'Europe. Sans être leader mais en sachant que sa forme pouvait l'autoriser à nourrir de belles ambitions. Vaillant et résolu à livrer bataille, il est resté longtemps candidat au titre continental mais le Belge Remco Evenopoel le faisait craquer à 10 kilomètres du but. Il devait laisser filer aussi Sonny Colbrelli, le futur vainqueur. Sa médaille de bronze était alors ce qu'il pouvait espérer de mieux avant d'oeuvrer à la réussite de Julian Alaphilippe à Louvain dans un mondial dont il fut l'un des premiers animateurs.

Au côté de son coéquipier Aurélien Paret-Peintre qui habite comme lui à Aix-les-Bains, il a récemment repris l'entraînement , alternant vélo et ski de fond, avant de mettre le cap au sud de l'Espagne pour un stage qui préfigure déjà la saison 2022. Où il entend toujours jouer les premiers rôles.

Texte et photo Patrice Meunier