22 janvier 2021
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Arnaud COURTEILLE rend son dossard

Alors que son contrat arrivait à échéance fin 2020, Arnaud Courteille a décidé à 31 ans d'arrêter la compétition ouvrant ainsi un nouveau chapitre de sa vie. Originaire de Saint-Hilaire-du-Harcouët et installé depuis plusieurs années en Mayenne, il a mis fin à une carrière professionnelle longue de dix ans. Une décision réfléchie qu'il a prise sans regrets. "Après mon opération à l'artère iliaque (en novembre 2018), j'espérais sentir une vraie différence par rapport à mon niveau de ces dernières années. L'amélioration n'a pas été si significative et je n'ai pas franchi de cap physiquement. Mon statut au sein de l'équipe n'évoluait pas. Je n'avais pas l'envie de faire l'année de trop".

Débutant doué comme le prouve sa deuxième place au Trophée Madiot chez les cadets, il avait d'abord conjugué études avec l'obtention d'un BTS travaux publics et compétition en s'affirmant comme l'un des coureurs les plus doués de sa génération. En catégories minimes et cadets, il obtient trois titres régionaux. Ne manquant ni d'audace ni d'ambition, il avait frappé un grand coup en devenant champion de France Espoirs à Cusset en 2008. Après avoir été à l'avant dès le début de course, c'est en solitaire qu'il franchissait la ligne, devançant dans l'ordre Arthur Vichot, Romain Hardy, Julien Guay et Tony Hurel, passé eux aussi à l'échelon supérieur. Sans attendre, il remportait le Tour du canton de Mareuil-Verteillac avant de prendre la deuxième place du Tour de Dordogne. Suffisant pour attirer l'attention de Marc Madiot qui l'engage à la FDJ. Il portera les couleurs de l'équipe dirigée par Marc Madiot durant sept ans avant d'enfiler le maillot BB-Hôtel Vital-Concept en 2018.

 

UNE INCROYABLE MALCHANCE

C'est le début d'une longue aventure. Passionné par son sport, amoureux des sensations que procure le cyclisme, il a toujours concédé être un coureur de l'ancienne génération, davantage à l'écoute de ses sensations que vers une approche scientifique axée sur la performance. Ce qui ne l'a pas empêché d'être rigoureux dans l'approche de son métier. "J'ai toujours été assidu côté entraînement. Mais passer des heures sur un vélo reste un plaisir. Il faut savoir s'adapter au terrain et savoir se préparer en fonction de son programme de courses". Celui-ci s'avéra souvent copieux avec notamment sept Grands Tours au compteur (trois Giro et quatre Vuelta). Il a vécu une carrière sportive accomplie et riche en émotions auprès de ses leaders. Mais une incroyable malchance aura jalonné son parcours, n'étant pas épargné par les chutes et les blessures. Equipier de Thibault Pinot lors du Tour d'Italie 2017, il fut contraint à l'abandon l'avant veille de l'arrivée à cause d'une chute qui lui cause une fracture de la clavicule.

Ponctuellement, il sort de son rôle d'équipier. En 2017, il joue sa carte personnelle sur Paris-Nice lors de l'étape passant par le Mont Ventoux dont le sommet est situé à 60 kilomètres après le départ. Présent dans une échappée de huit coureurs avec de sacrés rouleurs comme Lars Boom et Styn Vandenbergh, ils restent à cinq en tête à l'approche du sommet du géant de Provence qu'il franchit en deuxième position. Mais ses efforts seront finalement vains puisque l'échappée est reprise à 30 km du but. Tout comme au Tour de Catalogne où il est repris à moins de trois kilomètres de l'arrivée. En 2018, il se distingua à titre personnel en prenant la deuxième place de la deuxième étape du Tour de Savoie Mont-Blanc derrière Victor Lafay (Bourg-en-Bresse) puis de la dernière étape, devancé par son coéquipier Quentin Pacher. Puis en 2019, il est échappé lors de la première étape du Tour du Yorshire, ce qui lui permet d'endosser le maillot de meilleur grimpeur qu'il conservera jusqu'au bout.

Cette saison, il tenait à être acteur de la course lors de Paris-Camembert pour sa toute dernière course. C'est pourquoi il se glissa dans une contre-attaque, accompagné d'Adrien Guillonnet et Tony Hurel (Saint-Michel Auber) et lançait à sa façon les débats d'un final échevelé. Mais, une nouvelle fois, la réussite n'est pas au rendez-vous. Victime d'une chute, il se fracture la clavicule et souffre d'une entorse des cervicales. Il décidait alors de mettre définitivement son vélo au clou.

Texte et photo Patrice Meunier     ,